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Et maintenant, que faisons-nous ? [PV Elyn]

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Lun 14 Mai - 20:40
Quelque part sur Toroa Island (West Blue)

Sous les indications du chauffeur de salle, le public saluait aux applaudissements endiablés l’entrée timide de la prochaine artiste. Toutes les personnes présentes dans cette salle étaient intriguées par la robe blanche entourée d’un ruban bleu fendue pour laissait apparaître sans honte aucune ses jambes lisses. Le présentateur l’avait mentionnée comme la « chanteuse des abysses », un nom de scène qui ne laissait planer aucun doute sur sa nature de sirène.

La demoiselle auréolée par la douche lumineuse de la scène s’empourprait sous le regard insistant des clients du bar-spectacle. Que cela soit les clients ou la sirène présumée, ni eux, ni elle n’était en mesure de savoir qu’en penser. Les rumeurs disaient que les sirènes étaient des femmes à l’apparence monstrueuse mais dont le chant hypnotique était capable d’empêcher des guerres. On racontait aussi des lèvres des plus assoiffés que leur odeur était similaire à un plateau de fruits de mer et que le goût de leur peau était salée. On pouvait entendre beaucoup de choses des lèvres des hommes mais aucun d’entre eux ont pu ne serait-ce qu’une fois confirmer leurs propos.

Il suffisait de regarder la chanteuse des abysses pour que les plus horribles préjugés ne s’évadent au même titre que la fumée de leurs cigarettes.

Au beau milieu de la nuit, les hommes ivres avait perdu tout civisme à la troisième pinte d’alcool vidée dans leur gosier.

« - Chante ! » lança un premier en vacillant sur sa chaise. « Dépêche-toi ! » tonna un second un peu plus loin. Les voix s’élevèrent en canon, des plaintes impatientes qui, pour les plus sobres, souhaitaient découvrir l’art exotique des hommes-poissons et, pour les plus ivres, espéraient voir la croupe de la danseuse se dandiner sous leurs yeux.

La danseuse des abysses ne parvenait pas à calmer ses tremblements. Ses mains se joignirent entre elles contre sa poitrine et ses lèvres remuèrent dans une prière silencieuse, mais elle fut interrompue sous le fracas d’une bouteille à moitié vide contre le mur de la scène. À dix centimètres près, elle prenait la bouteille en plein visage.

Deux vigiles s’étaient attroupés autour du malheureux à la main encore tendue. Attrapé par les bras, on le traîna au sol, passant d’une table à l’autre. Ses agitations et les cris injurieux qu’il jetait à l’encontre du propriétaire du bar et de la danseuse refroidit un instant les râles des clients.

Les vigiles passèrent devant une table située au fond de la salle. La bougie en son centre éclairait le jeu de carte du petit groupe, la partie de poker s’était arrêtée le temps que les deux hommes contemple la beauté de la danseuse des abysses dont ils avaient tant entendu parlé par le propriétaire du bar-spectacle. Celui le plus à gauche suivait d’un regard mauvais le bougre qui avait osé effrayer la jeune femme.

« - Pfft... Tocard ! » pestait-il dans sa barbe. « Maintenant, c’est sûr qu’on pourra se brosser pour la voir à l’oeuvre. »

L’homme à sa droite s’était déjà réinstallé convenablement sur sa chaise jetant ses cartes sur la table pour dévoiler le carré de cinq sous les yeux de ses adversaires. Il ricana au juron exaspéré de son camarade.

« - C’est dommage… Mais pas autant que la rouste que tu te prendras par ta femme lorsqu’elle apprendra que tu as vidé ta bourse au poker… Encore.
- Je vais me refaire, ne t’en fait pas pour ça. La prochaine sera la bonne. »
Les cartes furent récupérées tour à tour jusqu’à former de nouveau le paquet dans les mains du troisième joueur. On ne voyait de celui-ci que ses longues mains, aux ongles finement manucurés, mélangeant les cartes avec vigueur. Au bout de dix secondes, il distribua alternativement une carte à chaque joueur jusqu’à se retrouver au nombre de cinq cartes par personne. Au moment où le paquet était placé au centre, les joueurs étaient autorisé à regarder leurs cartes.

« - Vous êtes bien silencieuse depuis tout à l’heure, Mademoiselle Bartholomew. »

Le briquet s’alluma, brûlant l’extrémité du cigare aux lèvres de Circée ; les deux hommes pouvaient très nettement apercevoir le visage calciné de leur adversaire. Ils se regardèrent rapidement, un mélange de dégoût et de compassion marquaient leur visage à cette vue. Heureusement, l’éclairage enflammé disparu en ne laissant qu’un cercle incandescent cerner le lieu où ses lèvres se trouvaient. Il fallut attendre que Circée n’expire sa première bouffée de fumée sur la table pour l’entendre rétorquer :

« - Je n’ai que faire de vos affaires de ménage, je préfère profiter de mon alcool, mes cigares et des arrangements éventuels que nous pourrions avoir tous les trois. »


La percussion résonna subitement dans la salle. Après un moment d’attente et une conversation avec un des organisateurs, la jeune chanteuse avait enfin décidé de commencer son numéro. Si les deux hommes avaient en tête de prêter leur attention à la scène, Circée n’hésita pas à déposer sa choppe brutalement sur la table pour les ramener à elle.

« Je me permets d’insister, Monsieur Toyada, Monsieur Fukase... »

A l’énonciation de leurs noms, leur expression se firent plus ferme. Si cette femme était prête à discuter, alors ils n’avaient aucune raison apparente de ne pas l’écouter.

« -Très bien, nous vous écoutons. »

Au même moment, la voix de la chanteuse emplit la salle, empêchant à quiconque d’entendre ce que pouvait bien se dire les trois joueurs de poker.

De gestes amples, les bras de la sirène s’étirèrent au rythme de la musique. Son corps se mouvait sensuellement telle la houle des vagues en pleine tempête. Ses pieds nus tapaient le rythme des percussions et ses hanches roulaient de façon fluides. Mais ce qui fascinait davantage les clients par ce spectacle fut la formation de gouttes d’eau sous ses doigts.

Sous les applaudissements face à ce premier tour spectaculaire, la partie de poker semblait devenir un pourparler animé. Les jetons glissaient par paquet au centre de la table et les lèvres des joueurs s’animaient tour à tour sans interruption.

La voix envoûtante de la danseuse ne se brisait pas sous les mouvements vigoureux de ses bras et ses jambes. Elle tourna sur elle-même, s’entourant d’un liquide bleuté scintillant à la lumière. En l’espace de quelques secondes, les gouttes s’évaporèrent tandis que ses doigts en formaient de nouvelles. Couplé à sa danse et à son chant, l’environnement précédemment bruyante d’un lieu de beuverie était devenue aussi solennelle que devant un spectacle symphonique, à quelques exceptions près.

La dernière pulsation fut accompagnée par le fracas des mains sur la table de jeu. Circée s’était levée sous les contre-attaques argumentées des deux joueurs. Les applaudissements endiablés du public laissa apparaître un moment de flottement dans la conversation. Monsieur Toyada déposa son jeu sur la table, dévoilant une suite devant le groupe.

« -Je suis désolé, Mademoiselle Bartholomew. Malgré toute la bonne volonté dont vous faites preuve dans vos propos, votre projet est bien trop bancal pour que je me risque à vous confier ma marchandise. »

A sa suite, Monsieur Fukase dévoila ses cartes une à une, présentant un brelan de rois.

« -Il en va de même pour moi, si vous n’avez pas les arguments nécessaires pour nous convaincre, je ne vous fournirai aucun navire également. »

Le bluff n’avait pas fonctionné et aucun de ses adversaires ne s’étaient laissé embobiné par les paroles de la blonde. Exaspérée, elle couvra la paire de trois par une cascade de berries tombant de sa bourse et quitta sans se retourner le bar-spectacle.

«- Très bien messieurs... Je vous souhaite une agréable soirée.»

A cette heure, la cité était encore en mouvement, la plupart des spectacles s’effectuaient le soir et les bars ouvraient les caisses remplies d’alcool pour leurs clients. Des personnes de tout horizon traversaient la grande allée, s’arrêtant par moment pour lire les menus exposés sur des panneaux à craies et d’autres encore ralentissaient le pas dans leurs conversations animées. Circée avait longuement marché en replaçant convenablement son manteau sur ses épaules, le cigare fumait anormalement au point de rassembler un amas de fumée digne d’un petit feu de camp. Ses pas lourds et sa mine sombre n’envisageait rien de bon et la plupart des passants n’osèrent pas affronter la blonde à celui qui se décalera pour laisser passer l’autre.

Circée s’arrêta finalement à une auberge dans laquelle elle avait élu domicile avec Elyn. Elle ignorait si cette dernière avait également pris le temps de se promener ou de rester dans la chambre. Après tout, Circée était tellement obnubilée par cet entretien qu’elle ne se souvenait plus si la jeune femme ne lui avait pas parlé de ses projets de la soirée ou si elle ne l’avait pas écouté.

La porte s’ouvrit sur une chambre des plus sobres, deux lits séparés par des tables de chevets, une table au bord de la fenêtre avec trois chaises et une salle de bain à disposition à sa gauche. Elle referma la porte derrière elle et s’affala sur le lit, les yeux clos et le râle de lassitude expirant avec lui une nouvelle bouffée de fumée.

« -Cela va prendre beaucoup plus de temps que prévue, Elyn. Ces porcs ne veulent rien entendre tant que nous n’avons pas de quoi garantir nos chances de survies. »

Circée fixait le plafond, si elle n’obtenait pas ce navire ni ce premier contrat, son périple dans la criminalité sera plus complexe que prévue.
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Mer 16 Mai - 20:52
Toroa Island, l'île qui ne dort jamais.

Elyn était attablée au comptoir, fièrement installée sur l'un des tabourets hauts. Ses ongles pianotaient en rythme sur le comptoir, leur bruit étant masqué par le brouhaha ambiant. Une grande partie de la clientèle étant déjà ivre, des rires et des exclamations s'élevaient au sein de bar, raisonnant certainement jusqu'en extérieur. La belle à la crinière d'ébène, elle, arborait une mine maussade, presque dépitée. Quelle raison l'avait-elle amenée dans ce genre d'endroit bruyant et insignifant à ses yeux ? Sa soif.

Le barman déposa son verre devant elle, lui lançant un "Tiens ma jolie, c'est cadeau !" qui la fit immédiatement hausser un sourcil. Ses doigts traînèrent près du pommeau de son katana avant se glisser vers sa bourse, attrapant quelques pièces qu'elle fit rouler sur le plan de bois. Ses pupilles dorés ne reflétaient aucune lueur de sympathie. De la froideur, rien que de la froideur, ce qui fit déguerpir le tavernier vers d'autres visages bien plus accueillants.

La jolie brune finit par poser le regard sur ce liquide ambré que Monsieur le Dom Juan lui avait servi. Un petit vice qu'elle avait hérité de son mentor, bien qu'elle ne l'ait guère suivie pour le cigare. La louve attrapa le verre qu'elle porta à ses lippes, aspirant une gorgée amer, avant de le reposer avec calme. Ses iris ensoleillés balayaient la salle, comme pour analyser chaque scène. L'une d'elle attira son attention, celle d'un homme au sourire carnassier, soutenant une jeune femme au teint livide qui avait sans doute un peu trop forcé sur la bouteille.

Elyn but son verre d'une traite, grimaçant légèrement lorsque le liquide fit le chemin vers son estomac avant de se lever sans un mot. Gardant une distance de sécurité, la louve les suivit furtivement jusqu'à une ruelle déserte. Et comme à l'entente des protestations, elle sut rapidement qu'elle avait eu raison d'entamer cette filature.

"-Non ... Lâche-moi !"
"-Allez, je sais que t'attends que ça."
"-J'ai dit ... non !"

Ceci en était trop pour la belle à la chevelure corbeau lorsqu'elle vit cette main perverse s'aventurer sous la jupe de la jeune femme. Sortant de l'ombre, elle s'avança vers le "couple", attrapant purement et simplement l'homme par le col pour l'éloigner de sa victime avec force.

"-T'as peut-être pas entendu la même chose que moi, elle a dit non."
"-Qu'est ce que ça peut te foutre, sal..."

Il l'avait senti, cette lame froide à la lueur lunaire appuyer contre sa gorge, à l'endroit exact où logeait sa carotide. Il avait gémi sous le craquement qu'avait fait son bras après la manipulation de l'épéiste. Cela avait suffi à le faire taire semble-t-il. Un sourire au coin des lèvres, elle lui murmura quelques mots à l'oreille, ces mots qui suffisaient à faire frissonner une poule mouillée.

"Une simple impulsion et ... Me suis-je bien faite comprendre ?"


La mercenaire voyait bien ces gouttes de sueur perler sur le front de cet homme dégoûtant qui hocha frénétiquement de la tête tout en prenant garde à ne pas se blesser. Assurée qu'il soit bien assez mis en garde, Elyn relâcha sa proie qui ne se fit pas prier pour s'enfuir, la queue entre les jambes. Quant à la victime de cette ordure, celle-ci restait tétanisée contre le mur en pleurnichant comme une enfant. La louve soupira, visiblement agacée.

"C'est pas vrai. Comme si j'avais que ça à faire."

S'avançant vers la jeune femme, elle la soutint à son tour pour l'aider à regagner ce qui semblait être l'auberge où la demoiselle résidait. Le corps tremblant, elle remercia sa sauveuse qui la toisa d'un regard mauvais.

"La prochaine fois, choisis mieux tes fréquentations."

Et sans attendre de réponse, la belle à la chevelure sombre détourna les talons.

***

De retour à l'auberge où elle logeait en compagnie de son mentor, elle entra dans sa chambre, scrutant l'obscurité pour constater que Circée était encore prise à ses affaires. Elle alluma l'une des lanternes, déposant son katana entre son lit et la table de chevet, avant de se diriger vers la salle d'eau afin de se rafraichir un peu. Le peu d'alcool qu'elle avait ingurgité ne suffisait pas à lui faire tourner la tête, mais la belle avait tout simplement envie de se sentir propre avant le coucher. La louve restant longuement sous la douche, laissant l'eau tiède délier ses muscles, la purger de la moindre saleté avant qu'elle ne sorte de la cabine, s'entourant d'une serviette propre. Grâce à un autre linge propre, elle essora sa longue crinière d'ébène qu'elle remonta ensuite en chignon.

A l'entente d'un bruit de porte, elle leva le nez, enfilant un peignoir propre afin de sortir de la pièce. Circée était rentrée, là, étendue sur le lit, paupières closes. Elyn voyait là un mauvaise présage. Ses négociations ne s'étaient certainement pas déroulées comme prévu. La brune en eut bien vite la confirmation alors qu'elle s'avançait pour s'asseoir sur son propre lit, sa chevelure goûtant lentement le long de sa nuque. Frissonnant, elle passa une main sur sa peau pour chasser quelques perles d'eau.

"On ne peut rien attendre d'eux, il préfère rester dans leur petit confort et leurs petites affaires foireuses ... Dire que vous êtes obligées de traiter avec des pourritures pareilles."

Un ton plutôt venimeux, dégoulinant de dégoût avant qu'elle ne pose les yeux sur son mentor.

"Je peux peut-être les convaincre d'une manière ou d'une autre ? A la manière douce ... ou la forte, chef."


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Ven 25 Mai - 3:01
Si Circée avait été dans la tranche d’âge d’Elyn en cet instant, elle n’aurait pu qu’acquiescer à cette idée. Dire que dix années suffisaient pour rendre ses ambitions combatives aussi épuisées que ses pieds durant le chemin du retour. Il est vrai que la carte de la menace n’était pas quelque chose d’anodin chez les Guns, il ne se passait pas une journée sans que les négociations soient un jeu de puissance tant physique que psychologique. Cependant, Circée ne se sentait pas encore les moyens de recouvrir ces atouts. Sa dernière confrontation avec Buscet T. laissait des séquelles vives qu’elle ne tenait à réellement souligner devant Elyn, il ne lui restait alors qu’à trouver des atouts matériels encore inexistants.

« - Cela serait inutile. » se contenta-t-elle de grincer, le cigare entre les dents. « Ce ne sont pas les derniers des imbéciles, si je les aient demandé c’est parce qu’ils sont des pointures dans la matière. Je ne suis malheureusement pas la seule à le penser. »

Elle cracha la fumée entre ses lèvres, tapotant la cendre de son cigare sur le cendrier à côté de son lit.

«  Par ailleurs, ils se méfient de moi. J’ignore s’ils ont déjà récupéré l’information de mon exil des Guns, mais ils étaient accompagnés. »

En fermant les yeux, elle découpait les séquences prouvant ses soupçons : un des hommes du bar s’attardaient principalement sur leur table plus que sur la chanteuse, deux autres allaient et venaient souvent près d’eux prétextant des voyages fréquents à l’extérieur ou aux toilettes. Elle ne doutait pas un seul instant que les deux marchands puissent avoir également de quoi se défendre contre elle.  Des armes en granit marin, si elle devait parier.

« Si je dois me fier à ce qu’ils ont bien voulu me dire, il faudra trouver par nous-mêmes les arguments pour avoir navires et contrats. Il nous sera difficile de faire quoi que ce soit si nous n’avons pas un minimum. J’aurais dû me douter que cela serait inutile. Nous sommes dans un cercle vicieux : Ils ne nous aiderons pas si nous n’avons pas un minimum de ressources mais à l’inverse nous n’aurons pas un minimum de ressources s’ils ne nous aident pas. »

Cette simple idée la fit soupirer longuement. Elle cracha un « C’est surréaliste... » avant d’écraser son cigare dans le cendrier.

Lorsqu’elle fut en état de réfléchir, Circée était loin d’imaginer à quel point il lui serait difficile de se reconstruire. En l’absence de réseau ou de marchandise, il lui serait difficile de se faire un nom ou de convaincre qui que ce soit. Que devait-elle faire ? Reprendre depuis le début les activités illégales avant de créer son propre marché ? Cette idée ne lui plaisait guère, après avoir pris goût au pouvoir, il était difficile de s’imaginer redescendre aussi facilement. Pour autant, ce genre de projet pouvait être on ne peut plus simple. Le seul problème était la région : Les Guns ne permettraient à aucun moment que Circée ne traîne trop longuement à West Blue surtout pour retrouver une organisation qui l’accepterait.

« Nous ne pourrons pas faire nos affaires sur West Blue en un clin d’oeil. Il nous faut de la nouveauté, un projet innovant qui saura nous construire. Et pour cela, il nous faudra prendre la mer… Probablement ailleurs. C’est notre seule option. »

L’expression fermée, elle sentait son crâne imploser devant la difficulté dans laquelle elle se trouvait. C’était comme si un mur immense se dressait devant elle, un mur à l’effigie de son ancienne organisation.  Circée vira cette dernière pensée pour se consacrer à Elyn :

« Comment se sont passés tes derniers contrats ? Avec les derniers évènements, je n’ai même pas pris le temps d’écouter ton rapport. »
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Lun 28 Mai - 12:08
La belle à la crinière n'hésiterait guère à avoir recours à la manière forte et aux menaces s'il le fallait. Elle était plutôt douée à ce jeu. Les plus faibles pouvaient être facilement intimidés ou bien même amadoués. Car, oui, la louve - même si elle n'aimait pas réellement cette méthode - savait user de ses charmes pour son propre intérêt ou celui de Circée. Les porcs avides de la compagnie de belle demoiselle, ce n'était pas ce qui manquait en ce monde. Mais toute tentative de la brune fut étouffée dans l'oeuf par la femme au cigare qui jugeait ceci inutile. Bien que têtue, Elyn n'insista pas, écoutant les arguments de son mentor sans broncher, avec calme. Ne pas sous-estimer ses ennemis était un principe que la jeune mercenaire avait parfois du mal à appliquer.

Elles semblaient dans une impasse, les rumeurs des derniers évènement concernant la grande blonde avaient commencé à se répandre comme une flamme sur une trainée de poudre. Les nouvelles allaient vite dans ce genre de milieu impitoyable. Mais voir Circée un peu "dépassée" avait tendance à inquiéter Elyn alors d'une voix bien plus douce qu'à l'accoutumée, elle tenta de réconforter celle qui l'avait prise sous son aile.

"On finira par trouver une solution Chef, vous en faites pas."


Bien sûr, dans l'esprit de la louve, elle était conscience qu'il s'agissait du serpent qui se mordait la queue. Sans or, ni ressource, elles ne pourraient guère avancer. La jeune mercenaire était bien silencieuse pour l'instant, préférant réfléchir plutôt que débiter des âneries. Les pupilles d'ambre rivées sur le visage semi-brûlé, la belle finit par se relever tandis que son interlocutrice l'interrogeait au sujet de ses derniers contrats. Attrapant une bouteille d'eau, elle versa le liquide transparent dans un verre avant de revenir vers la femme au cigare pour le poser sur la table de chevet placée à côté de son lit.

"Tenez, ça vous fera du bien. Vous ne semblez pas dans votre assiette ce soir."

Il s'agissait d'un côté que l'ancienne Elyn n'avait pas enfoui en elle. Le fait qu'elle ne cesse de s'inquiéter pour les personnes qui lui tiennent à coeur, de prendre soin d'elles quand cela été nécessaire. Elle revient sur sa propre couche, s'y allongeant à son tour tout en scrutant le plafond vieillot. Après un court silence, la louve reprit la parole.

"Ne vous inquiétez pas, après tout, vous avez bien d'autres chats à fouetter. Tout s'est déroulé à merveille, mais je n'ai pas appris grand chose, pour ne pas dire rien du tout. Que du menu fretin pour ainsi dire."

Elle soupira, amenant l'une de ses paumes sur son front. Elle aussi commençait à avoir mal au crâne.

"J'aimerais vous être plus utile, Circée. Je peux peut-être étendre un peu ma clientèle et prendre plus de contrats, ça nous permettrait d'y voir un peu plus clair ..."

Elle fronça les sourcils tout en réfléchissant. Tout cela la dépassait quelque peu. Elle avait beau être maligne et intelligente, elle n'était pas experte dans le domaine des affaires.

"Et quand même bien, si nous trouvons un navire, il nous faut un équipage, au moins un navigateur. Je n'ai aucune compétence en la matière, je serais incapable de faire avancer un navire ou de lire une carte. Enfin, je suppose que ça s'apprend, comme tout."


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Lun 28 Mai - 22:02
« Hm... »

Le grognement de la Bartholomew était, dans son langage, presque similaire à une marque de politesse silencieuse. Elle ne pouvait qu’admirer la douceur de sa filleule à son égard, là où à cet âge cette qualité s’égara dans les tréfonds de son enfance, remplacée par l’amertume de Gilby Bartholomew. Circée s’assit sur le bord du lit, attrapa le verre et le dégusta lentement. Le rafraîchissement était simple, mais revigorait son corps et sa gorge asséchée. Avec les quelques verres consommés durant le rendez-vous, elle s’imaginait peut-être avoir sous-estimé l’impact de l’alcool sur ses nerfs. En écoutant Elyn, elle se rendit compte de l’impact que pouvait avoir ses histoires sur elle. Depuis ces derniers temps, la jeune louve était la seule à les entretenir et leur permettre de garder ces lieux comme domicile le temps qu’une solution soit trouvée tandis que de son côté, Circée essuyait les échecs. Néanmoins, bien qu’elle en soit conscience, sa fierté ne permettra jamais de s’en excuser.

« Accumuler les contrats n’aura que pour conséquence de t’épuiser là où je te voudrais en pleine forme. Je t’interdis d’user inutilement tes ressources sans que cela ne soit légitime. »

Elle laissa sa phrase en suspend, réfléchissant à la manière d’exprimer les choses. D’un sourire franc, elle se contenta d’expliquer que : « C’est à moi de nous sortir de là. Tu en as suffisamment fait. »

La Bartholomew se retena d’ajouter que la présence d’Elyn lui était suffisamment bénéfique pour agir consciencieusement. Mais l’une est l’autre n’était plus adepte à la sensiblerie. Ces paroles n’étaient plus que des termes vides de sens, faciles, embaumant leurs cœurs corrompus d’un réconfort éphémère. Si Elyn attendait ne serait-ce qu’un jour que Circée ne lui dise ces mots, il s’agissait au contraire que d’une futilité aboutissant à un néant de niaiserie, pour sa patronne.

« - Néanmoins, élargir ta clientèle restera une proposition pertinente pour notre entreprise. Je ne connais pas encore les fruits que notre labeur nous apportera, il te faudra te préparer à revoir à la baisse certaines de tes convictions. Et je ne parle pas seulement de ce qui nous sortira de ces emmerdes. »

Circée ne préféra pas développer le débat. C’était une discussion qu’elle avait déjà eu auparavant avec la jeune femme il y a des années de cela. Connaissant les ambitions vengeresses d’Elyn, il était important pour elle de surmonter les derniers principes bienveillants qui pourrait la mener à sa perte. Dans un univers tel que celui où elle s’est engagée en suivant Circée, il n’était pas impossible de devoir remettre en question les termes de « justice » qu’elle semblait louer. Pour autant, la Bartholomew était la première à connaître la difficulté d’une telle demande, surtout lorsque celle-ci doit se faire dans l’immédiat. Renoncer à Coffy à l’âge d’Elyn avait détruit ce qui lui restait de bonne conscience.

Ainsi se leva-t-elle en silence, se déchaussa et commença à déboutonner son tailleur dans l’intention d’emprunter à son tour la salle de bain.

« Ce n’est pas de gaieté de cœur que je te mets en garde, mais on ne peut jamais prévoir dans quelle situation nous pouvons nous trouver. Il suffit d’une journée, d’une seule, pour que tout ce en quoi nous croyons s’évapore dans un brouillard de fumée. »

Circée tira sur le ruban qui nouait sa chevelure, laissant tomber une tignasse blonde en cascade le long de son dos. Interrompant le silence pesant par un « Et la fumée, ça me connaît. »

Bien vite, elle contourna le lit, passant la porte de la salle de bain qu’elle laissa entrouverte. De cette manière, Elyn pouvait nettement entendre dans l’écho de la salle de bain « Pour ce qui est du navigateur, nous engagerons quelqu’un. Cela sera difficile dit comme ça, auquel cas je suggérerai que l’on trouve un connaisseur dont nous pourrions « emprunter » le savoir le moment venu ! »

La lumière éclairait de peu la chambre d’un halo de lumière rectiligne. Par moment celle-ci disparaissait au passage de Circée d’un bout à l’autre de la salle de bain. Avant que l’eau ne vienne à combler le silence de la pièce, elle demanda à Elyn de lui lire les gros-titres du journal qui leur a été livré la journée même. Avec ses occupations, la blonde n’avait pas pris la peine de s’attarder sur les dernières nouvelles de West Blue.
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Sam 2 Juin - 16:06
Une interdiction formelle ? La belle à la crinière d'ébène inclina la tête afin d'observer son mentor. Elle reconnaissait bien là l'orgueil de celle-ci, cet orgueil qui lui permettait de soigneusement dissimuler sa reconnaissance dans ses paroles. Mais Elyn n'était pas d'accord avec elle. Pour elle, elle n'avait pas fait suffisamment pour aider la femme au cigare, elle aurait pu faire plus, bien plus, elle en était certaine. Malgré l'air nonchalant de la brune, celle-ci écoutait son interlocutrice avec attention, prenant en compte le fait que l'une de ses idées était à retenir.

Revoir à la baisse ses convictions. La louve avait déjà entendu cela quelque part. Oui, ces mots étaient sortis dans la même bouche, et pourtant, elle ne semblait guère plus enjouée à les écouter que la dernière fois. Ses prunelles d'ambre reprirent leur chemin vers le plafond alors qu'elle arborait un air contrarié. Jusqu'où était-elle prête à aller pour suivre son mentor ? A cet instant, Elyn n'était pas apte à le savoir clairement. Elle restait encore et toujour enfermé dans les quelques bons principes qui lui restaient.

La jeune mercenaire choisit le silence, le préférant à une confrontation pour le moment. Elle pouvait être posée et calme lorsqu'elle le jugeait nécessaire. Certainement que Circée prendrait ce mutisme comme un refus de sa part. Elles commençaient à bien se connaître, malgré tout. Et la louve était sans doute la seule à être restée fidèle à la grande blonde.

Ce fut les dernières paroles de Circée Bartholomew qui touchèrent la brune en plein coeur. Tant bien que mal, elle conserva une expression neutre, malgré le fait qu'elle détourna le regard à l'opposé de celui de la fumeuse. Elle ne voulait pas qu'elle lise en elle, comme dans un livre ouvert. Elle murmura simplement quelques mots alors qu'elle entendit celle-ci quitter la pièce.

"Ça, je le sais, croyez-moi ..."

Comment pourrait-elle ne pas le savoir ? Faire abstraction de cela ? En une nuit, la brune avait tout perdu. Son frère, son village. Tout était parti en fumée, oui. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'Elyn était là. La louve serra les dents. Son mentor était la plus à même à la faire douter, puisqu'elle était sans doute la seule à tout savoir d'elle. Enfin non, il y avait aussi cette petite forgeronne, Hannah, qui n'avait pas hésité à lui en coller une belle pour la faire réagir. Mais au contraire de la hors-la-loi, l'artisanne ne la pousserait pas aux vices.

La voix de la grande dame se fit entendre alors que les iris dorés de la belle à la chevelure de jais s'attardaient sur le halo de lumière provenant de la salle d'eau qui envahissait une partie de la chambre. Elle lâcha quelques mots, d'un ton monotone.

"Oui, je suis d'accord avec vous, pour le navigateur."

La louve s'était sentie obligée de préciser le pourquoi de son accord, pour ne pas que Circée ne se méprenne sur le reste. Elle resterait pour le moment accrochée à ses convictions. Puis le bruit de l'eau se fit entendre alors que son mentor l'affublait d'une tâche. Se redressant en soupirant quelque peu, la brune se releva pour attraper le journal du jour, s'adossant aux côtés de la porte pour que la femme au cigare puisse l'entendre. Elle lut quelques nouvelles sans intérêt avant de porter son attention sur l'un des articles. Il concernait le festival annuel de Vernia au sein de West blue. Une fois qu'elle eut terminé, elle haussa un sourcil.

"Ce festival pourrait peut-être arranger nos affaires, qu'en pensez-vous ? Peut-être pourrons-nous trouver de nouvelles ressources, de nouveaux alliés ... Cela nous éviterait de ... d'abandonner toutes nos convictions."

Voilà, cette fois-ci, c'était dit.


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Jeu 7 Juin - 14:59
Les vapeurs de l’eau bouillante envahissaient la pièce. A l’intérieur de la douche, les parois de la douche laissait transparaître ses formes, ses rondeurs délicieuses et les nuances de sa peau entre sa pâleur et le brun des cicatrices mal soignées. Sa chevelure aux bouts ondulés lui tombaient au bas des fesses, ce n’était que lors d’occasion comme celle-ci qu’elle laissait cette immense crinière couvrir son corps.

La douche était le seul endroit où elle pouvait réellement se laisser aller à rêvasser, à réfléchir à tout et rien à la fois. Elle ne pouvait pas se permettre, cependant de mettre une pression d’eau importante durant ses bains, le simple jet lui donnait des frissons, son corps tremblait par les conséquences de son fruit du démon. Cela faisait quelques années qu’elle s’était habituée à une telle condition handicapante et jusqu’ici il lui était facile de l’utiliser sur terre, tant qu’elle restait à distance des points d’eau, la grande criminelle des Guns pouvait en démonter plus d’un.

Qu’adviendra-t-il lorsqu’elle prendra la mer avec Elyn ?

D’après ses précédentes sources, voyager en mer avec un fruit du démon n’était pas inenvisageable. Certains grands noms de la société voyageaient souvent de mer en mer. Elle-même avait passé quelques temps en mer le temps d’un voyage, mais cela ne se comptait qu’en quelques heures avec des personnes qualifiées. Oui, trouver des hommes prêts à prendre la mer en leurs compagnies sera primordial si elle souhaitait traverser les mers.

Ses pensées s’évanouirent en écoutant les récentes annonces de West Blue. On pouvait y lire de nombreuses informations sur la vie en société mais également sur les faits divers, les annonces importantes sur le démantèlement d’un réseau du cartel ou bien la découverte d’une nouvelle menace, tout était source de renseignement indispensable pour la jeune femme. Habituellement, elle consacrait une partie de sa mâtinée à lire les journaux afin de dénicher des informations que l’on acceptait de vendre au grand public, ici il lui faudrait se contenter d’un journal local dont les nouvelles se réduisent à des redites ou à des évènements misérables comme l’accouchement d’untel ou bien le décès d’un autre.

C’est alors que l’annonce officielle du festival de Vernia attira son attention.

L’évènement était suffisamment important pour attirer un grand nombre de personnes mais également un grand nombre de participants et donc de bons partis pour ses projets. Si l’évènement s’avérait risqué, mais elles n’étaient plus réellement à cela près.

Entendre Elyn suggérer ce recours comme un moyen de préserver leurs convictions lui fit pincer légèrement les lèvres. Elle s’apprêtait à rétorquer, à répondre que les choses ne marchaient pas ainsi et qu’il lui faudrait réellement se préparer au pire. Circée en était convaincue. Mais elle y renonça. Elle renonça à la pousser dans ses retranchements, à abandonner ses derniers principes, ce qui la gardait encore humaine dans ce bas monde. La Bartholomew se contenta de soupirer, un soupir autant de résignation que de satisfaction à la chaleur de la pièce. Elyn méritait encore un sursis. Elle  coupa l’eau, attrapa une serviette qu’elle enroula sur ses cheveux et un peignoir pour couvrir sa nudité alors qu’elle rejoignit Elyn, prenant le journal entre ses mains pour lire l’annonce.

« J’ai déjà eu l’occasion de passer à Vernia il y a peu de temps. Je me souviens d’un restaurant qui y faisait de délicieux plateaux de fruits de mer. Mais il n’y a pas que cela. L’endroit regorge de richesses matérielles. Il est certain que si nous voulons la crème de la crème, c’est là-bas qu’on la trouvera. »

La Bartholomew prit le temps de réfléchir un instant, posant ses fesses sur le rebord de la table tout en essuyant sa chevelure de la serviette.

« Au vu de la situation… Je pense que nous pourrions nous consacrer à un plan plus… agressif. »

Et pour agressif, Circée s’imaginait adopter un comportement plus barbare que ce qu’un chef de gang pourrait faire. Il fallait se l’avouer, en l’absence de toute preuve de puissance, elle ne pouvait pas se permettre d’obtenir quoi que ce soit des autres. Ni navire, ni richesses, ni activités. Il lui faudrait reprendre tout à zéro, bien que cela ne lui plaise guère.

« Il est grand temps pour nous de faire nos bagages. Demain, nous irons à Vernia et nous verrons bien ce que cette cité à a nous offrir. »

Que cela soit pour cet évènement ou autre chose, il était de toute manière nécessaire de quitter Toroa island. Qui sait ce que Buscet T. pourrait bien avoir en tête s’il apprenait qu’elles logeaient encore dans les environs ?

« Je profiterai du voyage pour rejoindre Orion Tale Island, pour Trickster. La vie est trop chère à Vernia pour que je puisse payer un forgeron.  »

A Orion Tale, il y avait cette philosophie mentionnant qu’il était bon d’aider son prochain mais de ne pas participer à quelconque acte néfaste pour autrui. Si emprunter la forge répondait à la première philosophie, la seconde les empêchait de laisser un de leur moine toucher à l’arme. Il lui faudrait alors passer une partie de son voyage à se renseigner sur les forgerons des environs.

« Entre temps, j’attendrais de toi que tu remplisses certaines fonctions: Trouver un lieu où nous loger, m’inscrire si possible et faire un peu de tourisme, informes-toi sur le cartel de Vernia, il sera intéressant de voir ce qui s’y fait. »
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